Choroplèthe bivariée
Les cartes choroplèthes bivariées permettent de représenter simultanément deux variables quantitatives relatives (taux, densités, proportions) sur une même carte, en associant à chaque unité spatiale une couleur résultant de la combinaison des valeurs des deux variables.
Contrairement aux cartes choroplèthes classiques, qui se limitent à une seule variable, cette approche offre une vision synthétique des interactions spatiales entre deux phénomènes, révélant des profils types ou des décalages qui seraient difficilement visibles sur des cartes séparées.
Ce type de représentation est particulièrement utile pour explorer des relations complexes entre deux variables, comme l’association entre le taux d’obésité et le taux de diabète, entre le niveau d’éducation et le taux de chômage, entre le nombre de jours de pluie et le cumul des précipitations, etc. Les cartes bivariées permettent de visualiser directement les corrélations, les oppositions ou les indépendances entre les deux dimensions.
Fonctionnement et options proposées
Chaque variable est discrétisée en trois classes (faible, moyen, élevé), selon la méthode de discrétisation choisie (Ckmeans, quantiles, intervalles égaux, progression géométrique, choix manuel, etc.), avec la possibilité d'inverser l’ordre des classes pour l’une ou l’autre variable.
La carte finale utilise une palette de couleurs bivariée, générée à partir de deux progressions colorées univariées. La couleur de chaque unité spatiale résulte alors du mélange des deux palettes, en fonction des classes auxquelles appartiennent ses valeurs pour chaque variable.
Pour faciliter l’interprétation, deux éléments de légende sont proposés :
- Une légende matricielle 3×3 (neuf cases) qui présente toutes les combinaisons possibles de classes entre les deux variables, avec leur couleur associée.
- Un graphique de résumé sous forme de scatter plot avec une grille 3×3, indiquant en option le nombre d’unités spatiales dans chaque combinaison de classes.
Exemple
Exemple de carte choroplèthe bivariée (diabète et obésité)
Exemple de carte choroplèthe bivariée (taux de chomage des plus de 25 ans et part de la population active avec un haut niveau d’éducation, 2023)Limites et alternatives
Les cartes choroplèthes bivariées présentent certains écueils qu’il convient de prendre en compte. D’abord, leur complexité visuelle peut rendre la lecture difficile pour un public non initié. Les neuf combinaisons de couleurs, même bien choisies, demandent un effort d’interprétation plus important qu’une carte univariée. Il est donc recommandé d’accompagner systématiquement la carte d’une légende détaillée et, si possible, d’un texte explicatif pour guider l’utilisateur.
Ensuite, ce type de représentation suppose une relation pertinente entre les deux variables choisies. Si celles-ci n’ont aucun lien logique ou statistique, la carte bivariée peut générer des fausses interprétations, en suggérant des corrélations là où il n’y en a pas.
Si les données ou le public ne se prêtent pas à une carte bivariée, il peut être préférable de comparer côte à côte deux cartes choroplèthes univariées (voir de préférer l'utilisation de small multiples dans le cas ou plus de variables devraient être représentées).
Dans d'autres cas, si l’on suspecte une relation causale entre une variable explicative (variable indépendante, ou prédicteur) et une variable expliquée (variable dépendante), il est possible d'utiliser l'outil de cartographie des résidus d’une régression linéaire.